11 mai 2015  par Cyril Mourin
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Observatoire du Commerce à Paris 14 | Compte rendu du 7 mai 2015

Adjoint à la Maire chargé du Commerce, de l'Artisanat, et de l'Innovation sociale

Cyril Mourin Maire-Adjoint chargé du Commerce, de l’Artisanat, et de l’Innovation sociale

La première réunion de l’observatoire du Commerce du 14ème arrondissement s’est tenue en Mairie du 14eme ce jeudi 7 mai 2015. Cette instance de concertation et d’échange réunit des représentants de l’ensemble des groupes du conseil municipal, des conseils de quartiers, des associations de commerçants, des bailleurs sociaux, et de l’ensemble des acteurs du commerce dans l’arrondissement.

  1. Situation du commerce à Paris 14ème : présentation de la BD COM 2014 par l’APUR

Cette première réunion portait avant tout sur une présentation par l’APUR de la BD Com 2014, la base de données du commerce à Paris. Elle permet de mesurer à l’échelle parisienne, et de l’arrondissement l’évolution du nombre de commerces et leur typologie, ainsi que l’évolution de la vacance commerciale.

Les résultats de cette étude, dont je vous livre une synthèse en téléchargement, sont très positifs pour l’arrondissement : le 14ème bénéficie d’un commerce dense et fortement diversifié, et la vacance commerciale y est en constante baisse. Elle atteint ainsi l’un des plus bas niveaux de Paris. Pour autant, les derniers mois difficiles pour certains quartiers du 14ème arrondissement, je pense à la rue d’Alésia, ne sont pas intégrés dans cette étude réalisée en milieu d’année 2014.

L’analyse de la typologie de ces commerces fait également apparaître une forte proportion de commerces alimentaires, notamment artisanaux, qui contribuent à la singularité du commerce dans notre arrondissement.

En termes d’implantations, on note une concentration des commerces alimentaires sur les axes Daguerre, et Raymond Losserand, attestant de l’identité spécifique de ces rues. La rue d’Alésia et l’avenue du Général Leclerc accueillent pour leur part une très grande part des commerces vestimentaires et plus généralement non alimentaires de l’arrondissement.

Les parties Sud et Est de l’arrondissement restent donc en ce qui les concerne bien moins denses en locaux commerciaux.

  1. Point d’étape sur les politiques municipales d’aménagement commercial

Après un échange sur les conclusions de cette étude, dont les participants ont salué l’intérêt, et l’utilité de la croiser avec les données de la SEMAEST et de la CCI pour mieux appréhender la situation économique de ces commerces,  j’ai présenté les divers outils que la Mairie souhaite mettre en place pour protéger et développer notre offre commerciale :

Le PLU 

La révision engagée du PLU permettra d’étendre les voies protégées dans ce cadre. Pour rappel, la protection du PLU permet de s’assurer qu’un local commercial ne soit pas transformé en logement ou en bureau. Lorsqu’elle est renforcée, cette protection permet également de préserver le caractère non seulement commercial, mais artisanal d’un commerce. C’est cette protection, qui a, par exemple, contribué à faire échec au projet d’installation d’un fast-food rue Raymond Losserand. A la proposition initiale de la Ville de Paris (ajout de l’avenue du Maine, et renforcement rue Didot), la Mairie du 14ème a ainsi sollicité l’ajout des axes suivants : rue de l’Ouest (extension), Jean-Moulin (extension) et Alphonse Daudet (création).

Vital Quartier :

Il s’agit de l’un des principaux outils de la Ville de Paris, confié à la SEMAEST, pour lutter contre la mono-activité et préserver le commerce de proximité, notamment sur les secteurs les plus en difficulté (librairie par exemple). Cet outil correspond au droit de préemption de la Ville de Paris sur certains commerces. En « achetant » certains commerces, la Ville peut ainsi s’assurer qu’ils subsistent, et peser sur le type d’activité qui s’y installe. Les secteurs géographiques pouvant bénéficier de « Vital Quartier » ont été définis par le Conseil de Paris. Ils sont aujourd’hui concentrés sur des secteurs de préservation jugés prioritaires, notamment dans le centre de Paris (voir carte).

Avec la loi Artisanat, Commerce et TPE, adoptée en 2014, le principe de « Vital Quartier » a été généralisé et étendu. Un nouvel outil a été crée et permettra à la fois de le renforcer, et de définir de nouvelles zones d’intervention, y compris dans le 14ème : le Contrat de Revitalisation Commerciale (article 19 de la loi ACTPE). L’étude de l’APUR sur la BD Com 2014 doit ainsi être le point de départ d’un travail de réflexion à l’échelle de Paris sur les zones devant bénéficier de cette intervention. C’était le sens d’une récente délibération en Conseil de Paris.

Ainsi, à partir d’octobre 2015, Carine PETIT et moi souhaitons engager une concertation dans le 14eme avec l’ensemble des acteurs locaux du commerce et de la démocratie locale pour définir, collectivement, les zones que nous voulons proposer à la Ville de Paris. L’observatoire du Commerce sera le lieu central de cette démarche.

Lutte contre la vacance commerciale

Si elle est en constante baisse sur l’arrondissement selon les études de la BD Com 2014, la vacance commerciale reste une priorité d’action de la Mairie du 14ème. J’ai en ce sens avec la Maire du 14ème réunit en avril l’ensemble des bailleurs sociaux de l’arrondissement qui gèrent un parc important de locaux commerciaux et les ai sollicités afin qu’ils me transmettent la liste de leurs locaux vacants. Si le nombre de locaux vacants de ces bailleurs restent très faible (moins de 5%) nous avons convenu d’engager un travail pour réduire les délais d’affectation des commerces, et mieux échanger sur la nature des commerces implantés. Une charte de lutte contre la vacance commerciale, et sur la mobilisation de ce parc de locaux, est actuellement à l’étude.

J’ai souhaité, en complément du futur Contrat de revitalisation, qu’un travail soit mené de manière plus prospective. Quel aménagement commercial veut-on pour l’arrondissement dans 10/15 ans ? Où faut-il par exemple plus de commerces alimentaires, de commerces de destination ? Quelle  offre commerciale sur les nouveaux projets urbains ? Je souhaite donc qu’au-delà des éléments de bilan apportés par l’APUR, la Mairie définisse, en lien avec la SEMAEST et la CCI notamment, mais aussi les acteurs locaux (Conseil de quartier, commerçant, etc.) son projet pour l’arrondissement. Ainsi les bailleurs sociaux pourront affecter leurs locaux conformément à ces orientations. Les acteurs privés pourront également porter et enrichir un tel document. Il s’agirait d’une « charte d’urbanisme commercial », que je souhaite que le 14ème expérimente.

  1. Dispositifs d’animation commerciale

Nous avons ensuite évoqué certains des dispositifs d’animation commerciale engagés pour concourir au dynamisme des commerces dans l’arrondissement.

Une présentation de l’édition 2015 du dispositif des « Heures Heureuses », qui se dérouleront du 23 au 25 juin a été effectuée : http://lesheuresheureuses.paris.fr/. Cette action, au travers de laquelle un parcours de dégustation permet aux Parisiens et touristes de découvrir, à l’heure de l’apéritif, des restaurateurs, bistrots et artisans créatifs et de qualité, sera particulièrement mise en valeur dans le 14ème qui pourrait recevoir une des trois animations spécifiques prévues à l’échelle de Paris.

J’ai également alerté les commerçants sur l’opportunité que représente la semaine de la gastronomie du 25 au 27 septembre prochain pour valoriser nos artisans et restaurateurs, et rappelé que se déroule la semaine de la Bretagne du 16 au 25 mai prochains.

  1. Occupation du domaine public

En lien avec l’animation des rues commerciales, l’occupation du domaine public par les ventes au déballage (Vide-greniers et brocantes) a fait l’objet d’un point spécifique.

A compter de 2015, j’ai en effet souhaité qu’un agenda annuel de l’ensemble de ces manifestations soit réalisé avec plusieurs objectifs :

  • Réduire le nombre d’événements sur certaines rues quelque peu surchargées en la matière, telle que le boulevard Edgard Quinet.
  • Mieux équilibrer sur l’ensemble de l’année les événements pour éviter la multiplication de vide-greniers et brocantes le même weekend.
  • Mieux informer les commerçants et riverains de ces événements
  • Faciliter la communication au grand public de ces manifestations pour en accroitre la fréquentation.
  • Réduire les délais d’instruction des demandes pour les organisateurs.

Cet agenda, disponible en ligne, a été construit à l’issue de plusieurs réunions, et a été soumis pour avis, avant son adoption, aux conseils de quartiers et aux associations de commerçants.

Fin 2015, une réunion de restitution permettra de faire remonter aux organisateurs les difficultés rencontrées en cours d’année, et de lancer la construction de l’agenda 2016, toujours de manière concertée avec les conseils de quartiers, et les commerçants. Un travail spécifique sera également engagé pour développer l’animation culturelle autour de ces ventes au déballage.

Ce point sur l’occupation du domaine public m’a également permis de présenter l’appel à propositions sur les camions cuisine ou « Food trucks » (disponible en ligne)

Il s’agit pour la Ville de Paris à la fois de développer et dans le même temps de réguler l’implantation de ce type de commerce alimentaire, et de s’assurer du respect d’un certain nombre de normes qualitative et de protection du consommateur.

Parmi les 40 emplacements retenus pour cette première année figure un emplacement sur le quartier Sibelle. La Mairie d’arrondissement avait également proposé, à l’issue d’une concertation engagée auprès des commerçants et conseils de quartier, une implantation sur le quartier de la Porte de Vanves, notamment pour contribuer à l’attractivité des « Puces de Vanves », qui n’a pas été retenu.

Toutefois cet appel à proposition se veut expérimental, et de nouveaux emplacements pourront être imaginés pour le prochain appel à propositions selon les conclusions de cette première démarche.

Au demeurant, outre ces emplacements « permanents », la Mairie du 14ème arrondissement envisage de lancer un appel à proposition local sur des emplacements non permanents pour des « événementiels ».

Pour ces emplacements, comme pour les emplacements de l’appel à proposition parisien, la concertation avec les conseils de quartier et commerçants sera poursuivie.

  1. Politique Emploi

Carine PETIT, Elisabeth GUY-DUBOIS, et moi-même, avions souhaité convier la Directrice Adjointe du Pôle Emploi Paris Jean-Moulin 6-14e pour échanger sur nos projets communs en matière de soutien à l’emploi local, et permettre à Pole Emploi de présenter l’action engagée au niveau local.

En effet, partageant l’ambition de Pôle Emploi de mener des actions de proximité pour mettre en relation offre et recherche d’emploi sur l’arrondissement, nous allons engager des actions de sensibilisation auprès des commerçants du 14ème.

Ces derniers éprouvent régulièrement des difficultés à trouver une main d’œuvre qualifiée sur leurs secteurs d’activité, ce alors que Pôle Emploi indique disposer d’une proportion de personnes en recherche d’emploi importante sur les secteurs d’emplois concernés.

Des réunions communes spécifiques seront donc engagées. Il est convenu qu’une diffusion, vers les commerçants de l’arrondissement, des services mis à leur disposition par Pôle Emploi soit réalisée.

  1. Calendrier des aménagements urbains

Pour conclure cette réunion, dans la continuité de cette recherche de transparence qui a guidé cette réunion, nous avons ensuite diffusé aux membres de l’observatoire, et tout particulièrement aux associations de commerçants, le calendrier de l’ensemble des opérations à venir sur la voirie du 14ème. Ceci afin qu’ils aient pleinement connaissance des travaux à venir sur leurs rues, qu’ils en connaissent la durée, et mesurent les efforts de coordination engagés par les différents acteurs.

1 commentaire sur “Observatoire du Commerce à Paris 14 | Compte rendu du 7 mai 2015”

  1. JACOB Reply

    Bonjour,
    Je suis étonné qu’il n’est pas évoqué l’implantation de + 78 salons de massage dans le 14ème arrondissement (comptage lors de municipales de 2014 par Ensemble pour le 14ème) et qui occupent des surfaces commerciales de petites et moyennes tailles… rendant par conséquence l’accès très difficiles pour les autres commerces. Il est d’ailleurs toujours pratiqué un sur-louer! Je fais fi de l’aspect moral de ce type de commerce et des « prestations » induites.

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