16 octobre 2013  par Cyril Mourin
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Le Figaro : Le XIe arrondissement en guerre contre les «serial tagueurs»

figaro_newLa mairie du XIe arrondissement, le secteur le plus touché de la capitale par le phénomène de tags, réclame en urgence un plan d’action pour mettre fin à ce vandalisme coûteux. 89.138 m² de tags ont été effacés en 2012.

La mairie du XIe arrondissement a décidé de partir en guerre contre les tags. La coupe est pleine pour les habitants et commerçants: dès qu’un mur est remis en état, il est considéré comme une magnifique page blanche à remplir par des tagueurs narcissiques qui déclinent, dès qu’ils le peuvent, leur signature sur les devantures, les façades, les rideaux de commerces…. Un véritable marquage territorial sur fond de surenchère effrénée entre ceux qui s’y adonnent. Plus grande, plus haute, plus visible et le plus inaccessible possible: tels sont les objectifs de ces vandales pour faire vivre «leur œuvre».

Le phénomène est en hausse dans le XIe, l’arrondissement le plus touché de Paris. 59.140 m² de surface a été traitée en 2011 et 89.138 m² en 2012. Rien que pour le seul mois de septembre, 3.039 tags ont été effacés soit 6.588 m² remis en état! «Cela entraîne environ 25.000 interventions par an», se désole Jean-Christophe Mikhaïloff, maire-adjoint du XIe (PRG). A son initiative d’ailleurs, le Conseil du XIe a adopté en séance le 7 octobre dernier, et à l’unanimité, un vœu soumis au Conseil de Paris. Il demande à la Ville et à la Préfecture de police un plan urgent de lutte anti tags. «Un dispositif sur le modèle de celui mis en œuvre, avec succès, dans les transports publics», ajoute Jean-Christophe Mikhaïloff.

Une délinquance en col blanc

Si le XIe est la cible privilégiée des tagueurs, ce n’est pas un hasard, estime l’élu. L’arrondissement, lieu festif avec restaurants et bars, est fréquenté par le milieu des arts visuels, de la publicité, des cadres, des graphistes …. ceux-là mêmes qui s’emparent d’une bombe, descendent de leur scooter ou deux-roues pour s’exprimer au pied-lever sur les murs. «Le phénomène des tags recouvre une délinquance en col blanc, de loisir», résume Christophe Mikhaïloff. Des gens donc bien insérés et qui se comportent «comme des voyous». Leur comportement coûte cher à la communauté: 4,5 millions d’euros par an à la collectivité parisienne, sans compter la charge financière complémentaire supportée par les commerçants, artisans et copropriétés pour parfaire le nettoyage.

Pour plus d’efficacité, Jean-Christophe Mikhaïloff suggère un rapprochement entre les agents de la société mandatée par la ville pour le nettoyage et les forces de l’ordre. «Les premiers collectionnent de nombreuses informations sur ces inscriptions: lieu, peinture, fréquence d’apparition… Autant d’éléments qui peuvent intéresser les policiers à la recherche des vandales», indique Jean-Christophe Mikhaïloff. Une action en tandem qui permettrait, selon lui, de mieux démasquer ces «serial tagueurs».

Source : Le Figaro – 16 octobre 2013

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